Cowboys en quads dans le Colorado niçois

2 février, 2015 (15:00) | Loisir | By: admin

La semaine dernière, mes amis et moi nous sommes lancés, de manière un peu improvisée, dans une randonnée en quad. Mais pas n’importe où : dans les gorges du Cians. Récit d’un voyage dont les paysages resteront longtemps imprimées sur les rétines. Dévalant une pente de 1 600 mètres de dénivelé sur un trajet de 25 kilomètres, le Cians, un affluent impétueux du Var, découpe des gorges impressionnantes en changeant de couleur selon la nature du terrain traversé. Mais avant de nous lancer sur la route du « Colorado niçois », comme on l’appelle ici, nous nous sommes arrêtés à Touët, un tout petit village fortifié que l’on imaginerait plus volontiers au Tibet. Ses maisons étroites sont plaquées contre la paroi rocheuse et s’échelonnent dans un dédale de ruelles pavées et couvertes de pierre. A cause de son climat plus montagnard que méditerranéen, nous avons clairement senti le froid, et avons dû veiller à rester au soleil pour récolter un peu de chaleur. Curieux village que celui-là. Face au sud, les maisons présentent au dernier étage une particularité, le « soleilloir », un grenier ouvert où l’on faisait sécher les figues, les pommes et les châtaignes. Unique en son genre, l’église du XVIIe siècle est bâtie sur une arche qui enjambe le torrent. Après un copieux déjeuner sur place, nous avons enfin pris la route D28 pour découvrir les gorges inférieures du Cians. C’est un défilé sinueux qui exige une grande prudence si l’on veut admirer tout en conduisant les parois verticales aiguisées d’aiguilles qui laissent couler de minces filets d’eau. Nous nous sommes arrêtés à Lieuche, un village bâti en schiste noir, pour admirer, dans la minuscule église, un joli – et apparemment très célèbre – retable de Louis Bréa. Le village était, je dois l’admettre, davantage une occasion de se désaltérer que d’y faire des découvertes culturelles. Nous avons ensuite repris la D28 en direction de Beuil pour savourer le clou du spectacle : les gorges supérieures du Cians. Après Pra-d’Astier, à cent mètres au-dessus du torrent qui dégringole de la montagne en paliers successifs, nous avons découvert avec émerveillement la couleur rouge sang des rochers, exacerbée par le vert fluorescent de la mousse qui s’agrippe aux parois déchiquetées. Quel coin fabuleux. Le plus dur, maintenant, sera de trouver un site plus impressionnant que celui-là pour notre prochaine randonnée en quad. Et là, nous risquons de devoir aller loin pour en trouver un semblable. Si cela vous branche en tout cas, je vous laisse le lien vers l’organisateur de cette randonnée en quad.