Se priver d’une bonne assurance chômage

9 septembre, 2015 (17:10) | International | By: admin

Si l’emploi tarde à se relancer en France, c’est aussi à cause de l’échec des gouvernements pour dynamiser la formation et l’apprentissage. Or, si l’investissement repart et l’emploi avec lui, les entreprises rechercheront les qualifications requises. Les réformes sont encore à venir. La courbe du chômage ne s’est pas encore inversée, avec en avril une nouvelle hausse mensuelle de 0,7% du nombre de chômeurs, que déjà on se félicite de la reprise des créations d’emploi en France… Mais il ne faudrait pas vouloir tirer les dividendes d’une reprise économique avant même de les toucher. Pour l’instant, le chômage continue à s’aggraver, de 5,1% en un an pour les personnes sans aucune activité (et même de 18,5% pour les chômeurs de plus de trois ans). Déjà en décembre 2013, la courbe devait s’inverser. On sait ce qu’il en est advenu: le nombre de demandeurs d’emploi a continué à augmenter, de 7,1% en seize mois. La confiance n’exclut donc pas la prudence. L’OCDE, dans ses perspectives économiques de début juin, envisage aussi une reprise de l’emploi pour la fin de l’année 2015. Mais dans le même temps, l’organisation a revu à la baisse ses perspectives de croissance économique mondiale pour 2015 (tant pour les Etats-Unis que pour la Chine notamment). Ce qui pourrait contrarier la reprise économique française. Et, par là, l’embauche. Néanmoins, la tendance reste favorable. Il est temps, car la France fait partie des lanternes rouges de la relance de l’emploi! En France selon Eurostat, le taux de chômage atteint 10,5%, alors qu’il recule depuis longtemps en Allemagne où il ne dépasse pas 4,7%, que le Royaume Uni ne compte plus que 5,4% de chômeurs à peu près au même niveau que les Etats-Unis, que la Pologne est à 7,9% à peu près comme la République tchèque et la Belgique à 8,5%… A l’inverse, l’Espagne est à 22,9%, le Portugal à 13,2% et l’Italie à 12,6%, mais le nombre des demandeurs d’emploi a commencé à baisser dans ces pays, ce qui n’est pas le cas en France. Dans sa lutte contre le chômage, François Hollande n’a pas choisi les meilleurs outils au début de son mandat. Les exemples à l’étranger ne doivent pas toujours être suivis, mais ils méritent qu’on leur prête attention lorsque les résultats sont meilleurs qu’en France. Ainsi en Allemagne: si les «mini jobs» qui créent de la précarité sont critiqués dans le pays et reculent sous la pression du salaire minimum, l’apprentissage et la formation professionnelle donnent des résultats incontestables. Une expérience dont tous les gouvernements en France disent vouloir s’inspirer depuis plus de trente ans… sans y parvenir. Pourtant, tout le monde s’accorde à dire que la qualification professionnelle est la meilleure assurance contre le chômage, et surtout le chômage de longue durée. D’ailleurs, la structure de la population des demandeurs d’emploi, très hétérogène, souligne l’importance de la qualification: selon l’Insee en 2013, le taux de chômage parmi les diplômés de l’enseignement supérieur était deux fois moins élevé que pour les titulaires d’un Bac ou d’un BEP, et cinq fois moins élevé que parmi la population des non diplômés ou titulaires du brevet. Certes, il existe une distinction entre diplôme et qualification. Mais le Centre d’observation de la société remarque que, entre 2008 et 2013, le taux de chômage des ouvriers qualifiés est passé de 7% à 11%, alors que celui des ouvriers non-qualifiés a grimpé de 14,7% à 20,6%. Deux fois plus pour les non qualifiés qui représentent 33% de la population des demandeurs d’emplois, contre 20% pour les qualifiés. Voilà qui confirme qu’une partie de la solution pour les non qualifiés passe par la formation. Bien que l’on en parle, on réforme peu.